MA famille recomposée


Déjà 13 mois que je suis avec l’amour de ma vie. Mais ma vie a réellement été chamboulée il y a 8 mois. Lorsque nous avons prit la décision de vivre tous les 6. Je passais alors de nouveau couple et de maman, à belle maman. Mon cher et tendre lui passait de papa d’un enfant, à papa et beau papa de 4 enfants !
Nous formons alors ce qu’on appelle une famille recomposée. Ce terme n’est pas très joli, c’est ma famille un point c’est tout (Mais comme toujours la société tient à nous donner des étiquettes).
ICI CHACUN A SA PLACE

Je n’aurai jamais imaginé un jour élevé un enfant qui n’est pas le mien. J’ai déjà 3 enfants et mon cœur était déjà rempli. J’ai dû y faire une place de plus pour cet enfant. Je ne suis pas sa maman, mais je considère être un parent pour ma belle-fille. Je l’élève comme mes 3 autres enfants, je l’habille, je la lave, je l’emmène à l’école, je lui achète des affaires. Même si génétiquement je ne suis rien, je sais que je suis beaucoup dans sa vie.
Pour mon amoureux, c’est pareil, il élève mes 3 enfants comme sa propre fille. Nous sommes des parents différents, mais des parents tout de même.
Nous avons chacun notre place, mais je déteste l’idée de savoir qu’aux yeux de la loi je ne suis rien pour ma belle-fille, tout comme mon amoureux qui n’est rien pour mes enfants. Nous les élevons tout autant et surtout nous leur donnons tout notre amour.

L’EDUCATION

Au départ, tout était si simple, à première vue, nous avions la même méthode « d’éducation ». Plus le temps passe, plus je me rends compte que certains de nos choix sont différents, voir très différent. Je veux certaines choses pour mes enfants, mon chéri d’autres pour sa fille. 

J’ai 3 enfants, donc forcément, 3 fois plus de bruit, 3 fois plus de disputes, 3 fois plus de tout. Il m’est parfois difficile de voir la perfection de ma belle-fille, et qu’on dise des miens que ce sont des monstres. Et ça, dans le cœur d’une maman, ça fait mal, très mal.

Alors souvent nous sommes en désaccord, mais nous arrivons toujours à trouver un terrain d’entente
Nous avons conscience qu’ils sont encore petits, et qu’arrivé à l’adolescence ça se compliquera. J’entends d’avance les « Tu n’es pas ma mère », « Tu n’es pas mon père ». D’ici là, mon amoureux comme moi auront gagné en maturité, et nous sauront répondre à ces pics d’adolescent.  

ÊTRE BELLE-MERE 

Je ne vous cache pas avoir eu cette peur intérieure de ne pas aimer cet enfant qui n’est la mienne. Car non, ce n'est pas une obligation d'aimer l'enfant de l'autre. On prend les enfants avec, mais souvent les affinités ne se crée pas. J’ai également souvent peur qu’elle-même ne m’aime pas. 
La relation avec ma belle-fille a eu du mal à se faire, et j'estime qu'elle est toujours difficile. Au début j’étais concentrée uniquement sur mes enfants. Entre la séparation d’avec leur papa, une nouvelle maison où ils devaient vivre, et une nouvelle organisation où tout le monde devait s’habituer, je me devais de m’occuper que de mes enfants.
LE TEMPS A FAIT LES CHOSES. 

Petit à petit, lorsque mes enfants sont chez leur papa, j’apprend ce rôle de belle-mère, j’apprend à connaître ma belle-fille, à créer cette relation si dure à avoir.
Elle vient de plus en plus vers moi, nous partageons des moments de complicités, et nous commençons à avoir des secrets de fille, et elle aime bien ça ! Malheureusement le cliché de la méchante belle-mère existe.. Je sais qu'on pense souvent ça de moi, lorsque je ne suis pas d'accord sur certaines choses, alors petit à petit, j'apprend à me taire.
LE TEMPS CONTINUERA A FAIRE LES CHOSES.


APPRENDRE A VIVRE SANS MES ENFANTS

Qui dit séparation, dit souvent garde alternée. C’est le choix que nous avons fait un leur papa, et je suis fière de ce choix. Je n’ai pas vu mon père pendant plus d’une décennie, alors il était plus qu’important pour moi de faire une garde alternée. Il y a un lien fort entre mes enfants et leur papa qui est si merveilleux, que je ne veux jamais rompre ça. Et entre nous, on a de la chance, nous nous entendons très bien, j’aimerai que tous les parents séparés vivent cette situation.

Mais on ne va pas se mentir, vivre sans mes enfants est très dur. Les premiers temps ont été les plus durs. J’avais cette impression qu’on m’arrachait de l’intérieur. Petit à petit je m’y habitue, mais ce déchirement intérieur est toujours présent, et le sera, je pense, à vie.

ET LES ENFANTS DANS TOUT CA ?

Après tout, on ne donne pas le choix aux enfants que de subir les choix de leur parent. Mais leur avis dans tout ça ?

Charly commence à se poser beaucoup de question. Il est dans l’âge où il aimerait que papa et maman s’aiment encore. Parfois ça lui arrive de dire à mon amoureux qu’il ne l’aime pas et qu’il ne veut plus habiter avec lui. Ça me fait du mal, je l’écoute, mais je ne peux malheureusement vivre selon toutes ses envies…
Jules quant à lui est très difficile en ce moment. Je sais bien que c’est la situation qui le perturbe, bien qu’il ne parle pas, rien.
Chloë, ma belle-fille, a aussi des coups de mou, à dire qu’elle aimerait vivre sans les garçons. Mais dès qu’ils partent chez leur papa, elle tourne en rond et a GRANDE hâte qu’ils reviennent ! 

Alors certes nous leur avons imposé nos choix, mais je sais qu’au fond ils s’aiment tous autant les uns que les autres.

Je suis passée de maman de 3 enfants, à 4 enfants, sans que je m’y attende. Je suis à la tête d’une famille, de MA famille, de NOTRE famille. Ce n’est pas chose facile, mais après tout, si c’était facile, ça serait peut-être trop simple non ?
Une famille recomposée c’est une expérience riche, de l’ouverture vers l’autre, de l’apprentissage, de la communication, mais surtout, une sacrée expérience d’amour !

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