Le Bore-Out



Hier soir, je suis tombée sur une vidéo très intéressante sur l’ennui au travail. J’ai enfin pu me mettre un mot sur mon mal être.
Je sais pertinemment que je vais m’attirer les foudres en écrivant cet article, mais qu’importe il faut qu’au bout d’un moment cette maladie soit reconnue et acceptée par la société, et que les entreprises ouvrent enfin les yeux ! J’y aie réfléchi toute la nuit, et je vais me faire tribunal moi-même à travers cet article, car oui je « m’attaque » tout de même à une institution. (Je ne citerai aucun nom, et aucun nom d’institution car en soi je ne vive pas l'institution en elle même).

Comme tout enfant, j’ai toujours rêvé de faire plein de métiers différents. Ça a commencé par chirurgien, pompier, chanteuse. Puis à l’adolescence je rêvais d’être sage-femme, mais la filière scientifique et les longues études n’étaient pas pour moi. Puis hôtesse de l’air, mais quand on a la phobie de l’eau, ce n’est pas compatible avec les examens à passer. J’ai grandi dans le tourisme et j’ai toujours été passionnée de château, alors je me suis dit que ça devait être ma voie, celle qui m’était prédestinée. J’ai eu la chance dès mes 17 ans d’avoir un job étudiant dans un château de renom. Dans ce château, je m’amusais, il y avait du monde chaque jour, je parlais mes 3 langues, et surtout j’ai rencontré des gens merveilleux, que ce soit des collègues, des adhérents à l’association, ou des visiteurs. Les études dans le tourisme étaient donc une évidence. Encore une fois, j’ai eu la chance d’être accepté en apprentissage dans un château. Je cumulais deux châteaux et mes études, je le vivais à fond, et j’adorais ça. Bien que du 7 jours sur 7 c’était fatiguant, mais j’aimais ce que je faisais.

J’étais bien dans mon deuxième château, tellement bien qu’après l’obtention de mon BTS que j’ai eu haut la main, j’y suis restée, puis je suis tombée enceinte, une fois, deux fois, trois fois. Je suis donc restée. Avoir un emploi fixe avec des enfants c’était quand même l’idéal. Je l’aime ce château, et le boulot me plaisait tout de même.
Je ne prétends pas être d’une intelligence extrême, mais je sais que je suis cultivée. Mon entourage pourra te dire combien je suis passionnée par l’Histoire, combien j’ai de date en tête, combien d’histoire sur des grandes figures de France je peux te raconter, combien de choses j’ai en tête. Combien j’aime être en relation avec des personnes, combien j’aime les réseaux sociaux. On pourra te dire aussi à quel point je suis motivée, désireuse d’apprendre, et que lorsque j’aime je pousse jusqu’au bout (Bon si un recruteur passe par là, cette partie peut faire office de CV ! ;) )

Puis hier en regardant cette vidéo, je suis tombée sur un commentaire parlant de bore out. Je connaissais le terme burn out, mais pas celui-ci. La curiosité s’est donc emparée de moi et j’ai cherché. A peine les premières lignes lu, je me retrouvais. C’est moi. C’est moi depuis 2 ans.

LE BORE OUT

 

Qu’est-ce que le bore out ?!
C’est un symptôme d’épuisement professionnel par l’ennui.
La première chose qui m’a fait penser que ce terme est pour moi, c’est évidemment l’ennui. Lorsque j’ai été recrutée j’avais des missions annexes, peu à peu elles disparaissent. Je passe mes journées entières devant un ordinateur, à attendre des visiteurs. Et comme nous sommes en périodes creuses, je passe le temps à …. Attendre. Je fouine sur internet, je tourne en rond, je regarde les minutes défiler, j'attends de pouvoir avoir une pause.

Mais il n’y a malheureusement pas que ça. Comme je disais plus haut j’ai une sacrée culture générale, mais je n’ai QUE un bac +2. Comment faire le « poids » face à des personnes avec des études incroyables ?!  Parce que oui  la société nous dit que si tu as fait des études tu es intelligent, et ça t’ouvre des portes.
Je ne prends plus plaisir à travailler. Je me lève le matin avec la boule au ventre, l’envie de pleurer à peine passé les portes, en me demandant ce qu’il va ENCORE me tombé dessus, ou à quel point je vais ENCORE m’ennuyer… Le seul challenge que j’ai le matin, c’est de devoir me lever pour m’y rendre. Il n’y aura pas d’évolution, et des petites nanas derrière une caisse, on ne s’y intéresse pas, on ne se demande pas ce qu’elle a dans la tête, une personne « de la haute » ne vient pas lui parler, elle n’est pas intéressante contrairement aux intelligents à bac +5….
Alors on en vient à ce bore-out. On le sent, on le sait. On sait que quelque chose ne va pas, ce n’est pas normal de pleurer en passant les portes de son travail. Mais personne ne fait rien. Et tu sais à quoi ça me fait penser ? L’adolescence… Lorsque la terre entière te voit avec des scarifications tout le long des bras et que personne ne fait rien… Et bien c’est comme si je me scarifiais devant mon ordinateur, personne le verrai.

Alors je m’en ronge les ongles, je fume un paquet de clope entre 9h45 et 18, je perds confiance en moi, en ce que je suis, je pleure dès que je me retrouve à un point d’ennui maximum, je perds du poids, je dors mal… JE SURVIS professionnellement. Mon emploi est devenu alimentaire, et s’il n’y avait pas mes enfants derrière, je pense que j’aurai déjà sauté du haut de mon donjon….. Et que personne ne l’aurait remarqué.


Je sais ce que tu vas me dire « Tu as un boulot de quoi tu te plains tellement de gens aimerai être à ta place ». Alors ma réponse est que oui je le conçois, beaucoup de personne n’ont pas la chance d’avoir un emploi. Tu vas aussi me dire « Travailler dans un château c’est merveilleux ». Oh oui c’est merveilleux.
Mais 7 ans, 7 années que je suis au même endroit, que je n’évolue pas, que je ne bouge pas. J’ai fait mon temps dans ce château, et je sais qu’une personne sera extrêmement heureuse de prendre ma place.
Je ne suis pas faîte pour l’ennui, je ne suis pas faîte pour être derrière un ordi à attendre que le temps passe et payer 20€ de garderie et cantine par jour pour mes enfants (Je perds mon temps, mon argent, je n’ai qu’une vie bordel !).

Dans 3 semaines je me fais opérer. Je sais que ça sera un soulagement de ne plus travailler car la douleur de ma jambe n’est pas compatible et rien n’a été adapté au château pour mon handicap. J’ai hâte de me faire opérer ! Tu trouves ça normal toi quelqu’un qui a hâte de se faire opérer ?! Je passerai des longues semaines alitées, à réfléchir à ma vie, et je sais que ça me fera du bien. Car je vais enfin pouvoir réfléchir à MA vie, à ce que je peux faire avec mon pauvre petit BTS et toute ma culture. Car je le sais, je trouverai quelque chose ou je ne m’ennuierai pas, et je pourrai dire à ceux qui m’ont critiqué chaque jour que j’ai réussi et que je ne reste pas ennuyer derrière un ordinateur !

Alors à tous les chefs d’entreprise, toutes les institutions publiques ou privées, à tout le monde, prenez soin de vos employés ! Ce sont vos employés, mais ce sont aussi des êtres humains, vous ne pensez pas que notre vie est assez courte pour se la pourrir ?! Aidez vos employés, aidez-les à se sentir bien, valorisez les pour ce qu’ils sont et pas leur niveau d’étude !



**Cet article a été écrit, sur des faits réels, des douleurs que je vis au quotidien, et encore seulement ¼ est exposé. Je n’incrimine personne, aucun nom n’est écrit, si quelqu’un se sent visé, il faut se posé la question de pourquoi on se sent visé.

Commentaires

  1. Il ne faut rien lâcher... et se battre pour arriver à ce que l’on souhaite... comme tu le sais je suis dans le même cas... mais je travaille dur pour arriver là où je veux... dans 2 ans on en reparle et j’en suis certaine qu’on sera bien dans un boulot épanouissant... aller, haut les cœurs !!!

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    1. Oui tu as cette motivation que j'ai perdu et que je suis en train de perdre ! Juste avant de voir ton commentaire je disais à Jo que tu es bien plus rigoureuse et pleins de motivation. Je vais prendre ton exemple et je vais y arriver 💪 Dans deux ans on se félicitera !

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