Les handicaps non visibles





 Des photos très personnelles sont présentes dans cet article. L'article n'est rien par rapport à tout ce que j'ai pu vivre, j'ai omit volontairement certains passages.

Souvent, lorsque je me gare sur une place pour personne en situation de handicap, on me dévisage, ou on me dit que je n’ai pas à me garer là. Un policier m’a même fait la morale une fois. Alors je me fais un plaisir de leur montrer la carte collée sur mon pare-brise.
En caisse prioritaire, j’ai aussi le droit à des regards, ou encore des « Ah bah oui à votre âge une grossesse c’est normal ».
Alors NON, il y a ce qu’on appelle des HANDICAPS NON VISIBLES.
Commençons par le commencement.

Le 27 février 2017, ma vie à basculé. Alors enceinte de 7 mois, seule chez moi, je fais une très grosse chute. Une chute que j’ai vécu au ralenti. Avec mon poids, et le poids de mon ventre, je fais un grand écart. J’ai vu, entendu et sentie ma jambe droite se pliée en équerre, craquant de partout.
Je ne te cache pas que tant a douleur était forte j’ai cru mourir. J’ai hurlé, crié au secours, mes voisins étaient tous absents.  J’ai secoué mon ventre pour essayer de sentir un mouvement de mon bébé. Rien. Ayant toujours mon téléphone sur moi, évidemment ce jour-là il n’y était pas. J’ai rampé comme j’ai pu jusqu’à ma cuisine, afin d’appeler le papa de mes enfants. En 15 minutes il était là, la peur au ventre, peur qu’il me soit arrivé quelque chose d’encore plus grave ou à notre fille. Je délirais, pleurais, manquant de m'évanouir.
Je ne pouvais pas marcher, pas me levé. Par une force d’Hulk il m’a porté tant bien que mal à la voiture.
Pourquoi n’ai-je pas appelé les pompiers me diras-tu ? Je ne l’ai pas fait, car je voulais aller à l’hôpital qui me suivait pour ma fille.

L’urgentiste m’a remis ma jambe en place (Oh oui que ça fait mal !). A première vue, ce n’est qu’une petite entorse du genou.
Pour ma fille, tout va bien, son rythme cardiaque est bon et aucune perte d’amniotique. Aucun mouvement visible alors un contrôle 48h après !

Avant la remise en place
 
Après la remise en place



La première semaine post accident fût un véritable calvaire. Impossible de faire un quelconque mouvement, impossible de m’occuper de mes enfants. Mon nouveau compagnon était mon canapé. Je dependais de ma sœur et du papa de mes enfants pour me laver, on devait m'emmener aux toilettes. Je n'arrivais pas à monter les escaliers.
Finalement,  l’accident fût bien plus grave. Fracture du plateau tibial, épine du ligament arraché, œdème, algodystrophie, et tant d’autres…Je suis restée quasiment 2 mois alitée. Un accouchement difficile avec une jambe qui ne se plie pas et un risque d'aggraver les choses en étant en "position accouchement".

Oui malgré les apparences, ceci est un plâtre


A l’heure d’aujourd’hui, 1 an et demi après cet accident, la vie est toujours difficile. Je boîte, mon genou se dérobe, j’ai beaucoup de perte d’équilibre. Je ne peux toujours pas me baisser. J'ai encore des grandes difficultés à monter les escaliers, porter des charges lourdes, conduire. Je souffre chaque jour de ma vie. Au travail c’est compliqué, je suis un poids pour eux, et tant qu’on ne vis pas la douleur des autres, on ne la comprend pas. Je reste discrète, je ne me plains pas alors que je pourrai hurler 10 000 fois de douleur dans la journée. Je prends sur moi, et je m’effondre le soir.

Différence entre les deux genoux


J’ai donc été déclarée personnes en situation de handicap, avec la carte prioritaire, la carte de stationnement et travailleur handicapée (Autant te dire que la dernière mention ne change rien à mon travail….), jusqu'à pour l'instant la date du 31 mai 2019, mais qui sera reconduit.

Je me fais opérer le 2 octobre prochain. Le ligament est en train de se rompre totalement, ma fracture me laisse des bouts de cartilages qui se promènent à droite à gauche, et le chirurgien a peur de trouver bien pire en ouvrant. Bref, retourner dans plusieurs semaines d’alitement me fait terriblement peur. Je l’ai très mal vécu la première fois, et le revivre me traumatise d’avance.

As-tu déjà vécu ce genre de traumatisme ?
J’ai le choix entre me faire opérer en anesthésie complète ou locale. As-tu déjà réalisé une opération en anesthésie locale ? J’hésite encore, peur d’avoir peur !

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